Rencontre avec Camille, Wine Export Manager à Londres

Dans la tribu des fileuses, ….je demande la fille ! J’ai le grand plaisir d’avoir interviewé Camille, ma fille, à la fin du confinement. Nous avions commencé à discuter de sujets un peu sérieux, comme la carrière, les millénials, l’environnement. Je lui ai demandé si elle acceptait que j’en profite pour la citer dans mon blog. Car après tout, quel meilleur « Filentrenous » que celui d’une mère et sa fille….

En quoi te sens tu une Fileuse ?

Je suis une vraie fileuse, le lien je le crée, je l’entretiens, c’est comme ça, aussi bien dans ma vie personnelle que dans ma vie professionnelle. A 28 ans, j’ai toujours bien sûr mon amie d’enfance, puis mes amies rencontrées en études secondaires. Quant à mon réseau professionnel, j’ai déjà mon petit carnet d’adresses ! Je travaille à l’export, je voyage beaucoup. Je participe à de nombreux  salons professionnels, donc par définition, beaucoup de rencontres. Bien évidemment, il est important de soigner ses relations de travail, mais j’avoue que c’est avec naturel, spontanéité et réel plaisir que je considère cet aspect de mon travail. En plus, garder le contact est vraiment facilité par les réseaux sociaux.

releve de la garde Londres. tourisme
Relève de la garde

Je vis à Londres depuis 3 ans. Ma famille et mes meilleur amis sont en France. Il est primordial, que dis-je, vital pour moi de garder le lien, et qu’il soit le plus incarné.

Je rentre souvent pour le travail, car ma maison mère (AdVini) est basée en banlieue de Montpellier. Mais ma petite famille vient me voir en Angleterre aussi, le plus souvent possible.  Londres est toujours une superbe ville à visiter.

Bon, maintenant, avec le Breixit et le mesures de quarantaine, on va voir comment ça peut s’organiser….

Mais puisqu’on parle du lien avec les gens, j’aimerais aborder une des particularités de l’amitié à Londres. Je me suis rendu compte que Londres est une ville de passage : année sabbatique, séjour pour parfaire son anglais, stage dans la mythique  City,….

Donc, au bout d’un, voire deux ans, les gens repartent. Et pour moi, au début, je n’étais pas prête, ça a été un peu déstabilisant , un peu difficile de ne pas être affectée par le départ de personnes avec qui j’avais bien accroché. C’est vraiment une spécificité de la vie sociale ici : le brassage et le mouvement permanent. Maintenant, c’est ok. Je le sais et je gère !

Camille contemple le hall de la Tate Modern Gallery à Londres

Tu as vécu le confinement, toute seule, dans un pays étranger, très touché par la pandémie : comment as-tu géré cette expérience ?

J’ai choisi de transformer ce « mauvais épisode » imposé, en bon moment !

Je travaillais en home office alors j’en ai profité pour faire un grand ménage, du tri dans mes papiers et mes vêtements . La pratique du dépôt en « charity* » est très courante ici à Londres ; je sais que ça s’est répandu ces dernières années en France, mais en Angleterre, c’est quasiment une institution historique.

Charity* : dépôt vente gérée par une association caritative

J’ai aussi décidé de m’écouter un peu car j’ai tendance à être hyper active, toujours en déplacement ou quand je suis à la maison, à beaucoup sortir. J’ai une grosse vie sociale du fait de mon travail … et aussi parce que j’adore retrouver mes amis au pub ! Ça aussi, c’est une institution à Londres ! Donc, j’ai profité du déconfinement pour davantage dormir, et par la force des choses, j’ai aussi diminué ma consommation d’alcool, malgré les apéros zoom.

J’ai aidé chaque fois que cela m’était possible mon voisin Mickael qui est atteint de la maladie de Parkinson. Avec une autre voisine, on se relayait pour aller lui faire ses courses et le cas échéant le conduire à l’hôpital, car au début du confinement , c’était un peu la panique au niveau des prises en charge de malades. Mais efficacité anglaise oblige, une organisation adéquate pour les personnes fragiles s’est rapidement mise en place.

J’aime me rendre utile même si parfois c’était un peu difficile. Mais je pense qu’on a tous traversé des moments Up and Down pendant cette période… et comme je suis très entourée, j’étais vite réconfortée (virtuellement mais chaleureusement) quand j’en avais besoin. C’est aussi dans des moments comme ça, qu’on apprécie sa tribu !!!

A 28 ans, tu as déjà une belle expérience dans le monde du vin, qu’est ce qui fait que ce monde te plait et que tu y évolues avec tant d’aisance ?

Le monde du vin est passionnant. Je le pratique depuis bientôt 7 ans. J’ai commencé par un stage de 6 mois dans un important groupement audois, puis j’ai été assistante export en alternance en Vallée du Rhône. Et bien, je vous garantis que je ne m’y suis jamais ennuyée.  Entre les vins, les différents terroirs, les millésimes, c’est sans fin ! Il y a l’aspect technique qui est très riche bien sûr mais dans ce secteur, il y a aussi une grande part d’affectif : des histoires de vignerons, de domaines, de famille, de villages, de fusion…. Sans fin, je vous dis…

Et comme , j’aime partager, écouter, je suis une bonne « cliente » pour tout le cérémonial lié au vin. Et maintenant que j’ai un peu roulé ma bosse – rien que pour le travail, j’ai vadrouillé en Pologne, Roumanie, Bulgarie, Islande, Danemark, Estonie, Lituanie, Lettonie, République Tchèque, Ukraine, Hongrie – je me rends compte que moi aussi j’ai pas mal de choses à raconter….

Quels sont les aspects du métier que tu préfères ?

On vient d’en parler … les rencontres , les producteurs, les acheteurs, les dégustations aussi qui parfois peuvent vous projeter dans un monde parallèle. J’aime les interactions sociales, les occasions de savourer un plat dans un bon restaurant . A Londres, je commence à avoir mes bonnes adresses car pour une française au début j’avoue que ça peut être un peu compliqué.

Camille et ses amis en degustation du vins de la maison Cazes (groupe AdVIni) : clos de Paulilles
Autour d’un verre de Clos de Paulilles

J’aime beaucoup le Skygarden, d’où l’on a une vue sublime sur la ville. Je suis très fière d’avoir pu y référencer un de mes vins, le clos de Paulilles Blanc, de la maison Cazes. Mais je vous recommande aussi Aragon House, où l’on peut y retrouver le pas du moine rosé de château Gassier, et enfin l’Aubaine .

Je sais que tu es sensible au rôle des femmes dans le vin, qu’as-tu envie de dire à ce sujet ? Qu’est ce qui te marque ou t’interroge le plus ?

J’ai spontanément envie de dire que les femmes sont essentielles dans le monde du vin. Elles peuvent intervenir à tous les stades : viticultrices, œnologues, maitres de chai, assistante, commerciale, préparatrice de commande, directrice de cave … mais il y a encore un petit gap pour que les mentalités soient assez ouvertes sur le sujet. Combien de fois j’ai été reléguée à un rôle subalterne parce que j’étais une (jeune) fille ? surtout à mes débuts. Je dois rester vigilante car mes interlocuteurs sont plus souvent qu’on ne le pense encore rétrogrades sur le sujet du rôle et de la place des femmes dans le vin… à moins que ce ne soit dans le monde du travail… ou dans la société (rires).

Mais ceci étant dit, nous disposons d’atouts : Notre persévérance, notre sensibilité, et aussi parfois notre charme sont essentiels. Je le dis comme je pense, j’espère que je ne vais pas avoir la ligue des féministes sur le dos, car ce n’est pas totalement politiquement correct (rires).

Le sujet est sensible mais la réalité est bien là. La touche féminine me semble toujours plutôt apaisante en affaires… Pour conclure, je dirais que c’est un métier encore un peu difficile aujourd’hui mais j’estime que ça fait partie de ce qui me fait grandir et ça me va bien.

J’aimerais t’interroger sur le sujet du RSE qui est un thématique émergente assez centrale. Qu’est-ce que le RSE évoque pour toi ? Quelles applications concrètes te semblent nécessaires ou prioritaires ?

A mon sens, la RSE couvre la notion de « prendre soin » : prendre soin de ses clients, de ses salariés, de ses fournisseurs, de la planète et de des habitants !!!

Je pense que c’est un concept que surtout les grosses entreprises doivent prendre en charge. Elles en ont les moyens financiers et ce sont elles qui contribuent le plus à l’activité mondiale. Elles doivent montrer l’exemple, s’en emparer pour impulser une dynamique.

Quels sont tes petits ou grands gestes pour l’environnement ?

Camille en pleine seance photo vin nature dans une vigne en biodynamie
shooting photo pour des vins nature!

Je fais des petits gestes, à mon niveau, comme arrêter d’utiliser du papier absorbant, par exemple! Ça va bientôt faire un an que je n’en ai plus acheté. J’utilise des serviettes et mouchoirs en tissus, des lingettes démaquillantes réutilisables, des échantillons d’hôtels ou d’aéroport que je conserve comme des petites reliques !

Et puis me calmer un peu sur la fast fashion… j’en ai pris conscience justement en triant mes armoires. Bon, je les ai recyclées en allant au charity mais j’ai décidé d’acheter des vêtements de meilleure qualité, sans doute plus chers, mais plus durables et avec un label équitable (conditions de travail éthique).

Vois-tu des différences entre  Londres et Montpellier sur le sujet de l’environnement ?

Bonne question mais pas simple ! car à Londres, c’est difficile de généraliser, beaucoup de choses dépendent du quartier où vous résidez. Ceci dit, Londres est une des villes le plus propres au monde : rien ne traine par terre. Et ici, le recyclage est une priorité. C’est le paradis des bouteilles et des tasses de cafés réutilisables !!! Mais Londres est aussi un haut lieu de la (sur)consommation avec des éclairages de magasins non-stop. Il y a encore beaucoup de progrès à faire, mais comme en Grande Bretagne, c’est « business first »  et que l’environnement en est un, je pense qu’ils vont s’en emparer avec efficacité et pragmatisme.

See you soon….and Take care !

Camille et son regard maliciaux dans une vigne du languedoc occitanie. le soleil promet une belle recolte
 
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1 réflexion sur “Rencontre avec Camille, Wine Export Manager à Londres”

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